Archive pour septembre 2011
Mises à jour
Un petit post juste pour te dire que si ça t’intéresse, j’ai mis à jour mes books, on continue de poster sur Bonjour Dessin, et j’ai ajouté une rubrique carnet de croquis sur le blog(des mises à jour à venir d’ailleurs).
Voilà les liens :
Et parce que j’aime bien faire ça, un mix d’aperçus boum chaka boum.
Comme tu le sais tu retrouves ces liens en permanence là à droite, si tu veux y jeter ton oeil de temps en temps !
La B.D Girly mise à mal ?
Aujourd’hui je quitte un peu le crayon pour prendre la plume, face aux évènements récents, j’ai bien envie de donner mon avis.
Aujourd’hui le blog B.D girly en prend un coup. Devenu un véritable phénomène de mode, et prenant de plus en plus d’ampleur chaque jour, le girly n’amuse plus, mais énerve. Ça un peu commencé avec cet article sur Brèves de style, le « blog » de la marque Comptoir des Cotonniers. Un article plus que mal rédigé, qui met toutes les femmes dans le cliché de la B.D girly, mais qui réduit également largement le domaine de la Bande Dessinée. Les réactions ne se font pas attendre dans les commentaires : on se sent insulté, bafoué, avili. Un extrait : « Il faut le dire : nous les filles, on est pas forcément fans de BD. Trop d’heroic fantasy, trop de science-fiction, trop de guerres, trop de combats… Bref, tout un univers qu’a priori on ne comprend pas trop. » En trois lignes, c’est non seulement la femme qui est insulté, la B.D, mais aussi la B.D girly. La B.D girly serait donc un repère pour débiles, faite par et pour des débiles, traitant de sujets débiles. La femme, grande débile non évoluée, est destinée à cette lecture, car elle ne comprend pas le reste du monde. Et la B.D, ce n’est que de l’heroic fantasy ou de la guéguerre. On réduit plus de 100 ans de Bande Dessinée à un seul et même genre… Ce qui il y a de grave dans cet article, c’est qu’il est non seulement écrit par une personne qui de toute évidence n’y connait rien (mais qui ne se prive pas pour autant de présenter les choses avec un aplomb de spécialiste), et qu’elle fait l’amalgame d’un genre, d’un métier.
C’est la faute de la B.D girly ?
Les commentaires en réponse à cet article sont fulminants, le girly en prend pour son grade (et la rédactrice de l’article aussi). Cette réaction est bonne, car elle prouve bien que nous ne sommes pas dupes, et que nous nous sentons toutes concernées par un éventuel combat féministe. Ce qui me dérange en revanche, c’est que dans ces réactions, je trouve aussi des assimilations faciles. En réaction, on nous dit (en gros) qu’être une femme ce n’est pas aimer les cupcakes et les talons hauts, mais qu’être une femme c’est roter et boire de la bière. J’ai beaucoup lu dans ces réponses « moi je m’habille avec des pantalons larges, j’aime le hardrock et les jeux de rôle, je suis quand même une femme » (je caricature). Il semble donc se former un fossé entre les « femmes girly », et les « femmes normales » : j’entends par là qu’un mixe des deux n’est visiblement pas envisageable, et qu’être une « girly » c’est être arriérée ou cruche.. On ne peut pas traiter de propos girly sans y perdre son intellect ou son naturel.
À mon humble avis, être une femme « actuelle », ce n’est pas être soit girly, soit garçon manqué, soit entre les deux, c’est savoir assumer autant sa part de « desperate housewives », que sa part de poils aux pattes et caca qui puent. Oui on peut être les deux à la fois et en plus de ça cultivée et maligne.
Pour moi, la B.D girly, (enfin je dis B.D, mais ça reste encore beaucoup du blog ou du dessin de presse), est devenue un phénomène pour une raison bien précise. Je pense qu’à un moment, des femmes se sont reconnues dans ces propos, ont eu besoin de lire ces articles, se sont senties touchées. Je ne suis pas d’accord pour dire que c’est une farce, que c’est stupide est avilissant. À la base, c’est surtout rafraîchissant. Je pense également qu’actuellement, avec tous les problèmes liés à la crise, les gens ont besoin de se détendre, de laisser aller (pas dans le stupide, mais dans le léger). Le problème ce n’est pas ce que les « précurseurs » ont fait avec le girly, mais ce que les médias, et les éditeurs en ont fait. Et c’est un fait, on commence à tourner un peu en rond.
Trop c’est trop !
On ne parle que de ça dans le monde B.D, le livre de Mimi Stinguette à paraître chez La boîte à bulles. Ce livre fait office de goutte d’eau qui fait déborder le vase. Un coup de gueule de Tanxxx continue d’alimenter le débat, et fustige le livre de Mimi Stinguette, jugé comme insipide et stupide, une insulte au dessin, et au métier d’auteur. Ce n’est pas l’auteur qu’il faut blâmer, mais plutôt les éditeurs, elle, elle tente sa chance, n’importe qui en ferait autant. Je suis d’accord avec l’indignation de Tanxxx. Moi même je me sens parfois comme une énième « suiveuse », et je m’échine à essayer de trouver de nouvelles idées, un nouveau registre (pas encore bien illustré avec les notes du moment, mais j’y travaille), et d’aborder des thèmes plus généraux que strictement féminins.
Là où je ne suis plus d’accord, c’est que pour ma part, je m’estime plutôt loin d’être une « pétasse », ou de n’avoir que des centres d’intérêt futiles. Bien sûr je suis très matérialiste, pas franchement une rebelle du système, mais ça n’est pas QUE moi. J’ai étudié l’Histoire de l’Art et les Lettres, fait une école d’Art, et j’adore la littérature. Toutes ces choses que j’ai étudié et pour lesquelles je suis passionnée font aussi partie de moi. Je ne dis pas ça pour montrer que je suis une fortiche par rapport à d’autres, mais pour appuyer le fait que le « girly » n’est souvent qu’une seule facette d’une personnalité, que l’on choisit (à tort ou non) de montrer, et que réduire tous les « auteur(e)s » de ce genre à « girly=débile inculte », c’est du cliché.
C’est cette assimilation qui m’énerve, et c’est en ce sens que je ne suis pas d’accord avec Tanxxx. La frivolité intéresse et parle à beaucoup de femme, c’est un fait, mais penser que toutes ces femmes sont des demi-portions de femmes,des greluches, je trouve que c’est trop facile. Je suis d’accord pour élever le niveau d’humour, faire de la satire plutôt que de la confession. J’espère faire partie de celles qui tendront dans ce sens. Je ne vois pas non plus pourquoi on cite Pénélope Bagieu et Margaux Motin pour exemplifier le fait qu’il y a des « bouses » girly qui sont publiées. Je pense au contraire qu’elles sont les premières à le déplorer, et surtout, qu’elles ont évolué (Pénélope B nous montre plus que clairement qu’elle s’implique dans la B.D en tous genres, et plus dans la note de blog chaussures et macarons…). Je suis de plus convaincue que la volonté première du « girly » était d’être redondant par rapport à cette facette légère et superficielle de certaines femmes, de prendre du recul pour s’en moquer. Comme souvent, c’est le phénomène de mode qui a noyé la bonne intention. Alors oui, si aujourd’hui le girly suscite autant de réaction négative, et est jugé comme dangereux pour l’image de la femme en société et dans le milieu professionnel, c’est qu’on est arrivé « au bout », et qu’il faut chercher autre chose. Je ne suis pas d’accord avec l’ensemble de cet article qui fait suite à celui de Tanxxx, mais je trouve sa conclusion plutôt juste.
Voilà en gros. Tout ça pour dire qu’à mon avis, on ne doit pas faire de généralités dans un cas comme dans l’autre, et qu’on doit voire les aspects positifs du genre « girly », même si aujourd’hui, je pense que l’avenir est ailleurs. Je ne suis ni pro ni anti girly, je lis ce qui me parle, et je voudrais, autant que faire ce peut, que les discours soit tempérés.Une fille qui tient un blog n’est pas forcément « girly », et je trouve dommage de s’appesantir sur ce genre là en particulier (comme étant responsable du nivellement vers le bas éditorial), alors que les « Lanfeust » et autres nous présentent des guerrières à poils qui font du 95F et des gros musclors, ou encore que les B.D sur les rugby man et les blondes enchaînent les parutions (et pas que depuis 3ans)…
Je ferais toujours des dessins féminins parce que ça me plaît, j’essayerais toujours de m’inscrire dans une réalité du quotidien parce que c’est que je connais, mais il est important que ce quotidien ne se cantonne pas seulement à l’aspect « fillasse ». Surtout si on considère que le girly fait aujourd’hui l’apologie du consumérisme ! Je trouve que c’est un peu fort, mais s’il est perçu comme ça, alors non, on ne doit pas le cautionner. Heureusement il n’y a pas que ça dans lavie, tournons nous vers le renouveau !
J’ai pris la liberté de remanier l’article (sûrement une maladresse de ma part, mais certains passages ne reflétaient visiblement pas bien ma pensée), et de désactiver les commentaires pour éviter la malveillance de certains, peu nombreux mais fort casse-couilles, qui n’avaient visiblement pas compris le principe de « discussion tempérée ». Je reste bien entendue ouverte à la discussion, pourvu qu’on ne m’agresse/insulte pas sous prétexte de n’être pas d’accord !















